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Le seul endroit où tu n’as pas à faire semblant

Ta maison est censée être l’endroit où tu te régénères.
Si ce n’est pas le cas c’est qu’elle n’est peut-être pas adaptée à TON fonctionnement.

Carole Bertrand architecte d'intérieur spécialisée familles atypiques

Crédit photo : Maïlys Dorn

90 cm pour être moi-même

Je n’ai eu de chambre à moi qu’à partir du collège.
Avant ça, je partageais ma chambre avec ma petite sœur, extrêmement bordélique !
Mon seul « refuge » était mon lit, en haut du lit superposé. Il mesurait 90 cm et se terminait au bord du matelas : dès que je posais le pied par terre je n’étais plus complètement chez moi.
Mon espace était envahi, mes affaires n’étaient plus complètement les miennes et je ne pouvais pas en prendre soin complètement comme je voulais. 

Ce n’est pas un reproche, c’est un fait. Ma mère était maman solo et elle faisait comme elle pouvait. Elle-même n’avait pas de chambre et dormait dans le salon.
En gros, on se marchait dessus.

Au collège, j’avais ma chambre à moi. Mon refuge s’est agrandi, je pouvais fermer la porte et on me laissait tranquille.
Mais dans les autres pièces, je vivais chez ma mère… mon chez moi c’était juste ma chambre.

Quand la maison n'est pas faite pour toi

Quand je vivais en couple, puis avec un enfant, je n’avais plus d’espace rien qu’à moi dans lequel je pouvais me retrouver seule avec mes pensées, et sincèrement, je ne suis pas sûre qu’à ce moment-là j’avais conscience que c’était un besoin.
Je le comprends aujourd’hui parce que je fais des recherches sur les troubles du neuro-développement.

Je vivais avec quelqu’un de très sociable, alors que je suis introvertie et que j’aime ma tranquillité.
Nous n’avions pas l’agencement de maison qui nous permettait de nous épanouir tous les 2. Si on avait des invités, je finissais par subir leur présence, si j’avais ma tranquillité, son besoin social n’était pas assouvi.
A ce moment-là, je ne mesurais pas ce que ça me coûtait, aujourd’hui je le sais : je ne pouvais jamais recharger mes batteries, j’étais constamment sollicitée.

C’est pas évident de faire cohabiter des personnalités différentes. Et autant, on peut estimer qu’on choisit la personnalité de la personne avec laquelle on vit, autant on ne choisit pas celle de nos enfants.
On choisit encore moins celle des enfants des autres. Et pourtant, quand une famille est recomposée, c’est 2 familles différentes qu’il faut arriver à faire cohabiter.
Tu commences à voir le sac de noeud ?

Ce que j'ai construit pour ma fille

Aujourd’hui, je suis maman solo, ma fille a presque 12 ans et elle a sa chambre pensée exactement pour elle avec des zones bien distinctes : dormir, travailler, se faire jolie parce qu’aujourd’hui ce sont ses besoins

Depuis qu’on est dans cet appartement, on a déjà switché de chambre 2 fois. Au départ elle voulait la grande… mais elle n’y était pas à l’aise, trop jeune, besoin de repères et d’espace plus « confiné » pour se sentir en sécurité pour dormir : je l’ai installée dans la petite chambre et son bureau dans la même pièce que le mien.
Et puis pré-ado, besoin d’autonomie : elle retourne dans la grande chambre avec des espaces distincts.

Moi, j’ai mon bureau et ma chambre.

Dans les pièces communes, on a chacune nos espaces de rangement et des règles d’utilisation : on occupe tout l’espace qu’on veut pour faire ce qu’on veut quand on est seule mais on sait qu’il faut ranger ensuite.

Je ne l’embête pas pour ranger sa chambre parce que c’est son espace, mais elle a appris à assumer qu’elle devait mettre son linge dans le panier de la salle de bain si elle voulait qu’il soit lavé.
Et la seule chose que je lui impose est d’avoir un chemin accessible entre la porte et le lit pour lui faire le bisou du soir : non, je n’escaladerai pas les tas de vêtements au sol, reliquats de ces multiples essayages.

Elle n’est pas obligée d’avoir une chambre impeccable mais elle la maintient un minimum, sinon ça l’angoisse.

Plus jeune, à force de me contenir, j’ai fini par m’effacer. Ca m’a couté un burn out généralisé dont je ne suis probablement pas encore complètement remise. 

Ce n’est pas ce que je veux pour elle !
Et pourtant je la vois galérer au quotidien à s’adapter au collège, au sport et dans toutes ses interactions avec l’environnement extérieur. Je la vois mettre son masque même avec la famille proche.

On a clairement pas tous les mêmes armes pour vivre dans notre société. C’est un fait.
Mais s’il y a bien un endroit dans lequel on ne devrait JAMAIS avoir besoin de s’adapter, de se contenir ou de s’effacer, c’est dans l’intimité de son logement.

Il est temps que ce soit l'environnement qui s'adapte à toi

Aujourd’hui, je voudrais arriver à faire en sorte que chacun puisse être simplement soi-même entre les murs de sa maison.

Mon but ultime quand je rentre chez toi et que je travaille sur ton projet, c’est que ta maison soit pensée exactement pour toi et ta famille, en tenant compte des personnalités différentes voire opposées, des rythmes de chacun, des besoins qui évoluent.

Alors autorise-toi, et autorise tes enfants, à être ton propre avocat. Adapte ton environnement à ton fonctionnement, pas l’inverse.

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